Comme dans tous les Modules, vous aurez à lire attentivement
un certain nombre de textes. Mais il ne suffit pas de lire ; il faut assimiler
la matière. Pour le présent Module, vous devez lire une dizaine
de textes. Certains sont très courts, une ou deux pages ; quelques-uns
font quinze ou vingt pages. Au total, vous aurez lu environ 125 pages bien tassées
(environ 75,000 mots ; si vous êtes un lecteur lent, disons que vous lisez
300 mots/minute, cela vous prendra un peu plus de quatre heures). C'est beaucoup
de texte à lire, à comprendre et à assimiler. Mais c'est
un effort nécessaire pour « entrer dans le vif du sujet ».
MAIS NE VOUS DÉCOURAGEZ PAS ! Les Modules suivants
seront plus légers, d'autant plus que vous maîtriserez déjà
le vocabulaire de base.
Lisez !
Le dictionnaire rassemble bon nombre de mots qui sont plus
ou moins synonymes de «image». Pour pouvoir nous comprendre tout
au long du présent cours, il convient maintenant de clarifier
le sens précis de chacun de ces mots. Pour cela, lisez «
Des mots ».
Plus utile encore, nous vous proposons une « taxonomie
» (cherchez ce mot dans le dictionnaire !) qui vous permettra de distinguer
les divers types d'images les uns des autres. Lisez « Divers
types d'images ».
Pour comprendre ce qu'est exactement une « image fonctionnelle
», constatez le rôle qu'a joué l'image au cours des
siècles. Lisez « L'image de main en main
».
La technique de production même des
images peut jouer sur la signification, donc sur la communication. Lisez « Photo
contre dessin ».
Ce qui importe pour les communicateurs visuels, ce sont les
« images fonctionnelles » (dont on a précisé la nature
dans la 2e lecture) ; survolons quelques domaines où
l'image fonctionnelle joue un rôle prépondérant. Lisez «Les
images fonctionnelles».
Maintenant, nous savons de quoi nous parlons ! Lisez minutieusement
les textes mentionnés ci-après ! Utilisez votre feutre à souligner, faites
une synthèse en vos propres mots des concepts-clés ou des parties les
plus importantes, car vous accédez au coeur du langage iconique proprement dit.
Les images fonctionnelles sont constituées de signes, éléments
plus ou moins convenus qui « tiennent la place de ». L'image n'est pas la réalité
; c'est elle-même un signe complexe qui représente le réel.
Lisez « Le signe et le réel ».
Pour « écrire une image », nous avons
besoin d'un nombre limité de « lettres
» appelées graphèmes. Lisez « L'alphabet
iconique ».
Cet alphabet permet de constituer un nombre
infini de mots-images, appelés «iconèmes».
Lisez « Le vocabulaire iconique
».
Il faut comprendre que chaque signe-image, chaque iconème,
prend son sens par rapport aux autres signes qui l'entourent, ou aux autres
signes d'une collection virtuelle dont il fait partie. Lisez « Le
sens imagique ».
Comprenez !
Nous pouvons maintenant tenter d'intégrer ces notions théoriques.
Réfléchissons sur la nature de l'image en recourant à l'oeuvre du peintre belge
René Magritte.
Mais avant d'aller plus loin, rencontrez d'abord Magritte.
Quand vous le connaîtrez, revenez prendre connaissance de la suite
de cette réflexion en cinq pas.
Premier pas : les mots désignent
de manière arbitraire et convenue les objets qu'ils désignent;
de même les images représentent les choses mais ne sont pas les
choses. C'est ce qu'explique Magritte dans une démonstration imagique
devenue célèbre et intitulée "Les
mots et les images".
Deuxième pas : le photographe
(et biographe de Magritte), Jacques Meuris, a fait un long
commentaire sur cette préoccupation du « rédacteur imagique
» bruxellois (Magritte, comme vous le savez désormais).
Troisième pas : réfléchissez
avec le philosophe français Michel Foucault sur cette question de la
représentation de la réalité par des mots et des images,
question qui a captivé Magritte pendant 30 ans. Voici le tableau célèbre
de 1928 intitulé La Trahison des images que
Foucault commente.

Quatrième pas : maintenant,
examinez longuement ce tableau. Méditez-le! Quelle
réflexion suscite-t-il chez vous?
Cinquième pas : voyez une partie
du travail que Magritte a poursuivi au fil des années et quelques
réflexions que ses images ont suscitées chez nous. L'image
vaut-elle mille mots ?
Vous comprenez déjà que l'image
n'est pas la réalité, n'est-ce pas ? C'est pour cette raison
qu'il est si difficile de faire une image « monosémique »,
c'est-à-dire une image qui n'a qu'une seule signification. Et c'est encore
plus difficile quand il s'agit d'exprimer un concept abstrait comme la foi,
la justice ou la mondialisation. Relativement à la polysémie/monosémie,
on peut aussi se poser la question : y a-t-il tant de différences entre
le mot et l'image ?